Hydrozoaire

Dynamena pumila

BIOTOPE / HABITAT

Les hydroïdes (groupe d'animaux vivant en colonies chez les cnidaires) Dynamena pumila sont bien adaptés aux stress environnementaux dans la zone intertidale, et ils s'observent dans des zones à la fois à l'abri des vagues et exposées aux vagues (Rossi et al., 2000). Elle tolère les conditions saumâtres.

Cette espèce boréale bien connue et largement intertidale est abondante sur les algues fucoïdes (en particulier Ascophyllum nodosum et Fucus spp.) et les substrats rocheux.

Dynamena pumila est lié au niveau d'exposition aux vagues de l'habitat (Cornelius, 1995b). Dans les habitats abrités, les individus se retrouvent sur les extrémités des frondes d'Ascophylle noueuse (Ascophyllum nodosum). Dans les habitats légèrement plus exposés aux vagues, l'hydroïde peut être trouvé plus bas sur les stipes de Fucus vesiculosus et, sur les côtes exposées aux vagues, entre les retenues de Fucus serratus (Cornelius, 1995b).

Sur les rives à très haute énergie, Cornelius a noté que les colonies peuvent être restreintes aux crevasses et au dessous des surplombs. Sur les rives très abritées, elles ont tendance à se produire dans les zones où le courant de marée est maximal.
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Se présente comme de petits triangles, tête en bas, empilés les uns sur les autres.
Retrouvé à Port-au-Saumon
Autorisation © Sylvain Miller
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CARACTÉRISTIQUES

Un hydrozoaire est un animal invertébré appartenant à l'embranchement des cnidaires et formant la classe des Hydrozoaires.

Chez les hydrozoaires, il y a 2 phases de vie bien différentes: une phase méduse planctonique (le plus souvent) et une phase polype fixé. Phase polype: la colonie est souvent en forme de tube arborescent, qui porte des polypes (hydranthes)  recouverts d'une paroi chitinisée formant un calice (hydrothèque) dans lequel ils peuvent se rétracter (ordre : Leptothecata), ou cette paroi chitinisée peut être absente, les polypes sont alors toujours visibles (ordre : Anthoathecata). En eau douce, un hydrozoaire est appelé hydraire, ou parfois simplement hydre.

La famille des Sertulariidés présente des colonies avec des hydranthes qui peuvent se rétracter complètement dans leurs hydrothèques pourvues d’un opercule à valves.
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Crédit : Ernst Haeckel
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Hydrothèque image du centre
Source: http://nature22.com
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Gonothèque : image de droit
Source: http://nature22.com

CARACTÉRISTIQUES

Dynamena pumila (Linnaeus): est de type coloniale avec tiges courtes (hydroclades, portant les polypes), érigées, jusqu'à environ 30 mm; souvent non ramifiées, mais les colonies ramifiées se produisent régulièrement.

Généralement de couleur corne (brun-translucide) avec une teinte aux reflets dorés aux rayons du soleil. On pourrait aussi noter, parfois, des micro-algues à leurs surfaces qui apportent une teinte verdâtre ou rougeâtre.

Chez Dynamena pumila les hydrothèques (hydranthes) sont en paires opposées (forme d’une pointe de flèche orientée vers le bas), deux par internode, séparés avant et arrière, presque cylindrique, courbant vers l'extérieur avec environ I de la paroi adcauline libre. De plus, les hydrothèques son courtes, demi recourbés ou retournée dans la moitié distale; ouverture à deux cuspides.

Chez Dynamena pumila, l’ouverture de l’hydrothèque (petites logettes qui abritent les polypes dont l’ouverture) est fermée par un opercule. On pourrait voir deux petites pointes sur les côtés extérieurs, uniquement visibles au microscope. ((Operculum de deux valves, l'abcauline plus grande, marge hydrothécale avec deux dents latérales distinctes et une petite dent adcauline médiane. Abscauline caecum absente)).

Colonie atteignant 1,7 cm de haut, partie d'athécate proximale tordue, branches irrégulièrement placées lorsqu'elles sont présentes, émergeant juste en dessous des hydrothèques sur la partie proximale de l'entrenœud, lisse ou tordue à leur origine, parfois rebranchée.

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source : Biodiac
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Dynamena pumila
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Dynamena pumila
Ref. : Les animaux littoraux du Saint-Laurent.
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Retrouvé à Port-au-Saumon
Autorisation © Sylvain Miller
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Observatoire du littoral à Port-au-Saumon



L'espèce retrouvée à Port-au-Saumon est : Dynamena pumila
Dynamena pumila sert de nourriture à un grand nombre de gastéropodes.


Bonjour Denis; vous avez raison de dire que c'est Dynamena pumila: c'est un hydroide des eaux peu profondes, souvent intertidales, et souvent sur les algues fucoïdes. Les caractères que vous mentionnez aident à distinguer cette espèce des autres dans les eaux très peu profondes ou dans la zone intertidale de votre région. Dans les eaux plus profondes, et dans les régions au sud, il y a d'autres espèces avec des caractères similaires. La seule référence complète sur les hydroïdes du Canada atlantique est ancienne: Fraser, C.M. 1944. Hydroids of the Atlantic coast of North America. University of Toronto Press, Toronto, 451 p. Beaucoup de noms sont maintenant obsolètes, mais vous pourriez utiliser la référence de Brunel et al. (Brunel, P., Bossé, L. et Lamarche, G. (1998) Catalogue des invertébrés marins de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent. Canadian Special Publication of Fisheries and Aquatic Sciences, 126, 1-405.) pour les noms mis à jour. Meilleurs vœux, Dale
Dale R. Calder

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Retrouvé à Port-au-Saumon
Autorisation © Sylvain Miller
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Dynamena pumila sert de nourriture à un grand nombre de gastéropodes.

AIRE DE RÉPARTITION
Dynamena pumila (Linnaeus, 1758) est commun sur les rives boréales de l'Europe occidentale et de l'est de l'Amérique du Nord. Espèces retrouvées en Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest. En plus du Nord du Canada (l'est de l'Amérique du Nord), ouest du Groenland, Islande, îles Féroé, mer de Barents; certains individus pourraient être présents sur les côtes ouest de l’Atlantique.

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AIRE DE RÉPARTITION
À la limite septentrionale de son aire de répartition, D. pumila survit pendant une période prolongée de l'année en tant que tissu dormant dans les tiges et les stolons. "Les colonies que j'ai observées (Henry, 2001) dans le sud du Labrador au début de l'été (fin juin et début juillet 2000) ne faisaient que commencer leur croissance. Plus au sud, dans la région de la baie de Fundy, dans l'est du Canada, l'abondance de l'espèce diminue considérablement en hiver, mais elle demeure néanmoins active toute l'année" (Henry, 2001).

ALIMENTATION
Généralement les hydrozoaires s'alimentent de microparticules planctoniques en suspension qu'ils captent grâce à leurs tentacules urticantes.

Les hydrothèques des spécimens d'un site exposé présentent un périsarc plus épais et étaient notablement plus petits que ceux provenant d'un site exposé. Ces structures squelettiques facilitent l'alimentation et minimisent le risque de rupture ou de délogement complet de la colonie de son substrat dans des conditions de haute énergie.

REPRODUCTION - MULTIPLICATION 
Les petites protubérances ovoïde (en forme de poires) attachées par leur queue à l’hydroclade correspondent aux gonothèques* qui enveloppent des polypes spécialisés dans la production des gamètes.

Les Gonothécies se développant au-dessous des hydrothèques de la partie proximale de l'entre-nœud, en forme de poire, souvent légèrement rugueuses, se terminant par un court col, ouverture large.

Stade dispersif : une planula couvée dans un acrocyste.
Chez Dynamena pumila il n'y a pas de stage de méduses libres. Les "larves" sont couvées dans une extension des gonothèces (acrocystes).

La reproduction asexuée : possible par division des stolons.

FAITS INTÉRESSANTS
Bien que fréquent sur les fucoïdes et d'autres substrats, l'espèce a parfois été observée jusqu'à 100 m de profondeur (Cornelius, 1995b).

La capacité de flexion de la tige permet également à la colonie de s'allonger contre le substrat pendant l'exposition à marée basse, réduisant ainsi le risque de dessiccation.

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES 
«Les hydroclades, qui portent chacun une colonie d’hydraires, prennent naissance à partir de filaments ramifiés qui courent le long du substrat* colonisé : les stolons (ou hydrorhizes*). Ces formations cœnocytiques* du calibre d’un cheveu sont visibles à l’œil nu. Ces stolons composent le système gastrovasculaire de la colonie et permettent des échanges de nutriments entre les différentes colonies de Dynamena pumila. Ils s’allongent sur le substrat pour coloniser de nouveaux milieux de vie.» GEMIN Maxence, ROCHEFORT Gaël in : DORIS, 27/12/2014 : Dynamena pumila (Linnaeus, 1758), http://doris.ffessm.fr/ref/specie/3568

Dynamena pumila peut être confondu avec Amphisbetia operculata ou Tridentata distans, qui ont tous deux des hydrothèques appariées. Cependant, les deux espèces sont moins communes que Dynamena pumila. Amphisbetia operculata est une espèce plus délicate avec des cuspides plus longues, tandis que la tige de Tridentata distans porte plusieurs nœuds / articulations obliques ou triangulaires (Cornelius, 1995b).

CLASSIFICATION

Embranchement : Cnidaires
Classe : Hydrozoaires
Sous-classe : Hydroïdes
Ordre : Leptothécates / Leptoméduses
Sous-ordre :
Famille : Sertulariidés
Sub-Famille :
Genre : Dynamena
Espèce : pumila

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Saviez-vous que . . .


Les Hydrozoaires ou Hydraires (Hydrozoa) sont une classe de cnidaires, avec plus de 3 500 espèces reconnues.

Ils sont exclusivement marins à l'exception de l'ordre des Hydroida, qui vit en eau douce (les hydres).

Le cycle de vie comprend en général les deux stades polype (forme fixe, asexuée) et méduse (forme libre, sexuée).

Chez certains taxons, le cycle se réduit à une seule forme.

L'exosquelette est fait de chitine ou, parfois, de carbonate de calcium.

Le système digestif est incomplet ; la mésoglée est mince.

L'ordre des Leptothécates ou Leptoméduses sont des hydroïdes coloniaux dont les polypes sont protégés par une enveloppe chitineuse, la thèque.

La famille des Sertulariidés présente des colonies avec des hydranthes qui peuvent se rétracter complètement dans leurs hydrothèques pourvues d’un opercule à valves.


RÉFÉRENCES



Brunel, P.; Bosse, L.; Lamarche, G. (1998). Catalogue of the marine invertebrates of the estuary and Gulf of St. Lawrence. Canadian Special Publication of Fisheries and Aquatic Sciences, 126. 405 p. (look up in IMIS)

Cornelius, P.F.S., 1995b. North-west European thecate hydroids and their medusae. Part 2. Sertulariidae to Campanulariidae. Shrewsbury: Field Studies Council. [Synopses of the British Fauna no. 50]

Dyntaxa. (2013). Swedish Taxonomic Database. Accessed at www.dyntaxa.se [15-01-2013]., available online at http://www.dyntaxa.se  

Fish, J.D. & Fish, S., 1996. A student's guide to the seashore. Cambridge: Cambridge University Press.

GEMIN Maxence, ROCHEFORT Gaël in : DORIS, 27/12/2014 : Dynamena pumila (Linnaeus, 1758), http://doris.ffessm.fr/ref/specie/3568

Hayward, P.J.; Ryland, J.S. (Ed.). (1990). The marine fauna of the British Isles and North-West Europe: 1. Introduction and protozoans to arthropods. Clarendon Press: Oxford, UK. ISBN 0-19-857356-1. 627 pp. (look up in IMIS)

Hayward, P.J. & Ryland, J.S. (ed.) 1995b. Handbook of the marine fauna of North-West Europe. Oxford: Oxford University Press.

Henry, L.-A. (2001) Intertidal zonation and seasonality of the marine hydroid Dynamena pumila (Cnidaria: Hydrozoa). Cana-
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Howson, C.M. & Picton, B.E., 1997. The species directory of the marine fauna and flora of the British Isles and surrounding seas. Belfast

Hughes, R.G. (1992). Morphological adaptations of the perisarc of the intertidal hydroid Dynamena pumila to reduce damage
and enhance feeding efficiency. Scientia Marina, 56, 269–277.

Integrated Taxonomic Information System (ITIS). , available online at http://www.itis.gov 

Marshall, C.E. 2005. Dynamena pumila A hydroid. In Tyler-Walters H. and Hiscock K. (eds) Marine Life Information Network: Biology and Sensitivity Key Information Reviews, [on-line]. Plymouth: Marine Biological Association of the United Kingdom. [cited 05-03-2018]. Available from: https://www.marlin.ac.uk/species/detail/2119

Meinkoth, N.A. 1981. Field guide to North American seashore creatures. The Audubon Society. Alfred A. Knopf. New York. 799 p.  

Muller, Y. (2004). Faune et flore du littoral du Nord, du Pas-de-Calais et de la Belgique: inventaire. [Coastal fauna and flora of the Nord, Pas-de-Calais and Belgium: inventory]. Commission Régionale de Biologie Région Nord Pas-de-Calais: France. 307 pp., available online at http://www.vliz.be/imisdocs/publications/145561.pdf [details]   

Rossi, S., Gili, J.M. & Hughes, R.G. (2000) The effects of exposure to wave action on the distribution and morphology of the
epiphytic hydrozoans Clava multicornis and Dynamena pumila. Scientia Marina, 64 (supl. 1), 135–140.
Trott, T. J. (2004). Cobscook Bay inventory: a historical checklist of marine invertebrates spanning 162 years. Northeastern Naturalist. 11, 261-324., available online at http://www.gulfofmaine.org/kb/files/9793/TROTT-Cobscook%20List.pdf 

Van der Land, J.; Vervoort, W.; Cairns, S.D.; Schuchert, P. (2001). Hydrozoa, in: Costello, M.J. et al. (Ed.) (2001). European register of marine species: a check-list of the marine species in Europe and a bibliography of guides to their identification. Collection Patrimoines Naturels, 50: pp. 112-120