Mye commune

Mya arenaria

BIOTOPE / HABITAT

La mye est présente entre la zone du littoral moyen dans les baies côtières abritées. Pour survivre, la mye a besoin d’un taux de salinité* d’au moins 5 0/00. Une salinité de 25 à 35 0/00 et une température de 6 à 20 °C caractérisent les conditions idéales de la mye. On peut dire que cette espèce tolère des variations considérables de salinité. Elle peut toutefois supporter des températures inférieures au point de congélation, jusqu’à -1,7 °C. Elle meurt à une température supérieure à 32,5 °C. La mye vit enfouie dans le sédiment à une profondeur d’au moins une fois et demie la longueur de sa coquille. Elle construit un tunnel vertical de plusieurs centimètres. Elle vit en colonies parfois importantes.


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CARACTÉRISTIQUES


Mya arenaria est un bivalve de forme ovale allongée qui possède une coquille montrant des rayures concentriques. Des lignes de croissances concentriques et irrégulières sont visibles ainsi que quelques lignes rayonnantes peu marquées. Généralement de 10 à 11 cm. dans la baie de Port-au-Samon. Dans des conditions idéales, la coquille de la mye pourrait atteindre une longueur maximale d'environ 15 cm.

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© Berndt, Holger
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© Dirk Schories, www.guiamarina.com
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Source inconne

OBSERVATIONS À PORT-AU-SAUMON

Les colonies de myes sont peu importantes à Port-au-Saumon.
Elles se trouvent dans une baie abritée entre l'île Saber et l'île Camarine.

Les trous dans la boue à travers laquelle l'eau est aspirée et sortie peuvent souvent être vus à marée basse.


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Coquilles vides retrouvées à marée basse à Port-au-Saumon.

AIRE DE RÉPARTITION

Depuis le Labrador jusqu’à la Caroline du Nord.

ALIMENTATION 

Ce bivalve filtreur suspensivore* crée un courant d’eau ; celle-ci entrant par le siphon inhalant est filtrée avant de ressortir par le siphon exhalant. Ce circuit d’eau lui permet d’assurer les fonctions de nutrition, de respiration et d’excrétion. La mye se nourrit de phytoplancton et de matière organique en suspension, elle peut filtrer jusqu'à 54 litres d'eau journellement.

REPRODUCTION - MULTIPLICATION 

La reproduction est sexuée sans dimorphisme* sexuel. Les gamètes sont expulsés par le siphon exhalant et la fécondation est externe. Une température de l'eau plus élevée pourrait favoriser la ponte. On note une importante fécondité chez cette espèce (plus de 1 000 000 de gamètes sont produits en moyenne par chaque individu pendant la saison de ponte), celle-ci pouvant varier notablement avec l’âge des individus. L’œuf, puis la larve, sont planctoniques.

FAITS INTÉRESSANTS (bio-indicateur)

Ce bivalve a la particularité de stocker dans ses organes et dans sa coquille de nombreuses toxines ainsi que des métaux lourds. Cela en fait un bio-indicateur de pollution intéressant pour l’évaluation de la contamination des sédiments.

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES 

Au Canada, depuis les années 2000, la mye commune fait l’objet d’un élevage expérimental, la myiculture, notamment aux îles de la Madeleine dans le golfe du Saint Laurent. Ce coquillage comestible est consommé cru ou cuit, il est pêché à la bêche ou par draguage. Il a été autrefois une importante source de nourriture notamment pour les habitants d’Amérique du Nord. Il sert également d’appât pour la pêche à la morue ou à la daurade. Comme de nombreux mollusques bivalves, Mya arenaria peut être contaminé par des dinoflagellés du genre Alexandrium qui peuvent provoquer, chez l’homme, de graves intoxications alimentaires. On a observé parfois chez Mya arenaria la production de formations perlières (sans aucune valeur commerciale).


La mye a été répertoriée sur les battures de sable vaseux en aval de Baie-Saint-Paul, sur la rive nord, et de Saint-Roch-des-Aulnaies, sur la rive sud (Bousfield, 1960; Bergeron, 1977). (1)

Les plus importants bancs de myes du secteur d'étude sont situés à Baie-Sainte-Catherine sur la rive nord (Lavoie, 1969) et à Anse-au-Persil, sur la rive sud (Lamoureux, 1977). La texture des sédiments ainsi que de la direction et de l'intensité des courants à ces sites permettent une telle abondance. (1)

Mousseau, P., M. Gagnon, P. Bergeron, J. Leblanc et R. Siron (1997). Syntheèse des connaissances sur les communautés biologiques de l’estuaire moyen du Saint-Laurent. Rapport technique, Zones d’intervention prioritaire 15, 16 et 17. Ministère des Pêches et des Océans - Région laurentienne, Division des sciences de l’environnement marin, Institut Maurice-Lamontagne. 309 pages.


CLASSIFICATION

Embranchement : Mollusca
Classe : Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda
Sous-classe : Heterodonta
Ordre : Myoida ou Myida
Famille : Myidae
Genre : Mya
Espèce: arenaria

Image à droite ———» plage à marée basse dans la baie de Harvey avec des rides de vagues.
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Saviez-vous que . . .


* … la mye commune s’enfouit dans le sable en utilisant ses deux coquilles et son pied ?
* … la mye commune utilise 2 siphons pour filtrer l'eau et s'alimenter de plancton ?
* … la mye commune laisse un tour à la surface du sable lorsque les siphons sont rétractés ?
Elle utilise ses siphons pour respirer (oxygène dans l'eau) et pour se nourrir de plancton.


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Image : 1859 (picture scanned in 2007) De Weekdieren van Nederland' J.A. Herklots (scan made by Tom Meijer)
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